A l'attention d'Yves Calvi
Cher Monsieur,
En décembre dernier, pour les besoins de votre émission « C dans l’air » consacrée aux « astres » et diffusée le 31 décembre, j’ai été contacté par Sophie Pagès pour être interviewé et faire l’objet d’un reportage concernant mon école d’astrologie.
Après avoir bien insisté sur le fait que je ne souhaitais pas participer au sempiternel débat sur la « véracité » de l’astrologie auquel nous convient les scientifiques ni à une émission où serait à nouveau présentée une astrologie mercantile qui prête le flanc à toutes sortes de critiques, j’ai accepté l’invitation.
J’ai demandé à votre collaboratrice de bien parcourir les pages de mon site où je présente à la fois mon itinéraire et les fondements de l’astrologie que je pratique, sa philosophie et son éthique, pour qu’elle se fasse une idée de mon approche et qu’elle se rende compte qu’effectivement il n’existe pas que l’astrologie « grand public » mais aussi des astrologies plus « sérieuses » qui ne souhaitent pas être confondues avec l’idée que l’on s’en fait habituellement.
Connaissant le sérieux et la richesse de votre émission qu’il m’arrive de regarder – ce qui était pour moi un gage de probité – et fort du fait que votre collaboratrice avait bien pris connaissance (selon ses dires) de mon site, j’ai donc accepté d’être interviewé. Je me suis dit aussi que si une émission comme la vôtre se proposait de contacter des astrologues « différents » pour présenter une astrologie « différente », c’était pour donner au public précisément une autre image de l’astrologie et l’« informer », sans céder à l’attrait du spectaculaire et de la polémique comme c’est le cas habituellement. D’autant plus que cette émission est animée par une personne dont la qualité professionnelle n’est plus à démontrer.
Laurence Dellaire est donc venue m’interviewer en compagnie d’un caméraman. L’entrevue a duré au moins une bonne heure et, en réponse à ses questions, je me suis évertué à bien clarifier le sens de mon travail d’astrologue ainsi que la finalité de mon école, la philosophie dans laquelle elle s’inscrit, les motivations des personnes qui suivent la formation que je propose, etc. De cet entretien, il n’est ressorti, au montage, qu’une petite minute où l’on me voit dire quelque chose, une fois sorti de son contexte, de plat et sans intérêt sur le thème d’Obama, sans rapport aucun avec le but de l’interview qui était de présenter une école d’astrologie. Tout au long de l’entretien accordé à Laurence Dellaire j’ai développé, autant que faire se peut, des notions comme la « connaissance de soi » et le « développement personnel», qui sont les buts de cette astrologie.
De cette approche, pourtant différente de ce qui est habituellement dit de l’astrologie dans les médias, il n’est donc rien resté. Mieux eût valu vous abstenir de me faire passer à l’écran pour me faire dire des platitudes sans intérêt. C’était pourtant l’occasion pour vous de faire preuve d’originalité et de sens réel de l’information
Qui plus est, suite à cette minute, le seul commentaire qui a été fait par l’animateur a été de relever le prix de la formation sur un ton de dénigrement ce qui contribue une nouvelle fois à déconsidérer les astrologues « sérieux » en les présentant comme des personnes dont le seul but est de faire du profit. Sur ce point aussi, il serait intéressant pour vous de revenir pour apporter un véritable éclairage et informer le public.
Quand donc aurez vous le courage et l’honnêteté de présenter, sur ce sujet particulier, une véritable information et non une désinformation en montrant que s’il existe effectivement cette astrologie mercantile que vous vous évertuez à dénoncer, il existe aussi une astrologie plus profonde et élaborée ? Diplômé de Sciences Politiques, licencié en droit, ancien élève de l’Institut Français de Presse, vous vous doutez bien qu’un tel parcours universitaire incite à donner une autre perspective à l’astrologie pour la situer dans le cadre d’une réflexion personnelle et collective liée à l’évolution et à la transformation des individus que nous sommes au regard de la société dans laquelle nous vivons.
J’ai appris, lors de mes études à l’Institut Français de Presse (et des Sciences de la Communication) que la mission du journaliste est d’informer, de manière objective (si possible), c’est-à-dire en mettant de côté ses propres opinions sur le sujet, pour que le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur puisse se faire une réelle idée du sujet abordé, ce qui n’a pas été le cas en l’occurrence, comme sur bien d’autres sujets qui ne rentrent pas dans le cadre du « politiquement correct », c’est-à-dire dont la finalité n’est pas en accord avec la « pensée dominante » (comme les médecines alternatives, la spiritualité, la psychologie transpersonnelle, etc.).
Pour rétablir la vérité - et en droit de réponse à l’image déformée que vous avez donné de moi - je vous propose de programmer une autre émission sur l’astrologie en tenant compte des commentaires que je viens de faire, qui ne font que survoler, bien évidemment, la question. Je vous signale, pour terminer, que bien d’autres astrologues (ou personnes intéressées par l’astrologie), notamment ceux regroupés au sein de la FDAF, Fédération des Astrologues Francophones, ont une démarche vis-à-vis de cette « science humaine » proche de la mienne.
Je me tiens à votre disposition pour vous apporter l’éclairage qui a fait défaut dans votre émission.
Cordialement,
Samuel Djian-Gutenberg