LETTRE DE LEYLA RAEL ANNONCANT LA MORT DE RUDHYAR

 

 

 

Voici la traduction en français effectuée par Adèle que je remercie à nouveau pour sa collaboration efficace :

 

San Francisco
21 Septembre 1985


Dane Rudhyar -- 23 Mars 1895 - 13 Septembre 1985 -- mari bien-aimé, enseignant, exemple et ami, est décédé en conscience et confortablement dans sa nouvelle maison de San Francisco, le vendredi 13 Septembre 1985, peu après 11 heures du matin. Il a vécu ses derniers jours entouré d'amour et de paix. Il acceptait la mort, en fait il la voyait venir avec impatience, et il l'a rencontrée avec le courage, la dignité et l'intégrité dans lesquels il a vécu chacune des ses 90 années.

Conformément aux voeux de Rudhyar, son corps est resté trois jours en sa maison sans être déplacé. Les chants rituels traditionnels et les invocations du Bouddhisme Tibétain ont été interprétés à son chevet par des lamas sous la supervision de Son Eminence T'ai Situ Rimpoche, avec lequel Rudhyar ressentait une connexion particulière. Le samedi 13 Septembre à 14 heures, ceux qui avaient été proches de Rudhyar au cours de ses dernières années, ses derniers mois, ses derniers jours, se sont rassemblés en silence dans les pièces alentour pour une méditation d'environ une heure. A midi le lundi, toujours conformément aux voeux de Rudhyar, son corps a été confié à la Neptune Society pour la crémation, qui a eu lieu dans la nuit de mardi.

Pendant les derniers jours de la vie de Rudhyar, un processus inexorable de détérioration physique a eu lieu, en contrepoint d'un processus tout aussi palpable de révélation, de réconciliation et de libération, qui se déployaient en synchronicité. Ce deuxième processus s'est  poursuivi en force au cours des trois jours de retraite et de recueillement continus suivant sa mort. Ces 72 heures ont été spécialement porteuses de bénédictions et d'enseignements immenses pour tous ceux qui étaient présents, et ils n'ont pas cessé depuis.

Dans son discours de clôture, à la conférence du RITA de mars, au cours duquel était célébré son 90ème anniversaire, Rudhyar disait : "Le pouvoir qui porte tout mon être tel la lentille qui permet la focalisation des idées, se libérera à mon départ. Peut-être que quand la personne que je suis sera partie, il lui sera plus aisé de s'accorder au pouvoir de l'esprit et à ce qui est au-delà de lui :  l'Esprit , la semence libérée".

Ainsi, comme Rudhyar nous le conseillait vivement, nous avons ici fait au mieux pour "rester calmes, stables et avant tout ouverts" - je crois que nous y sommes parvenu. Le déchirement douloureux qui accompagne habituellement la perte d'un être aussi chéri, aimé et central que lui, n'a pas eu lieu. Il y a plutôt un sentiment paisible et définitif d'accomplissement ("it is done" : c'est advenu). Car en Rudhyar, la personne et le destin s'étaient rencontrés, acceptés l'un et l'autre en totalité, et avaient accompli leur travail mutuel. Maintenant, s'étant à nouveau séparés, chacun va sa propre route. La personne va à ce qui en est de toute chair "tu es poussière et tu retourneras à la poussière". Mais le destin continue à vivre, encore et encore, et ses échos résonnent à jamais en chacun de nous.

Quelques mots encore, que Rudhyar a prononcé lors de son discours de clôture du RITA : "Foi, courage, patience et endurance ; puissent-elles être vos compagnes de tous les jours, comme le sera toujours mon amour et mon soutien, quel que soit l'état d'être où je me trouve."

Leyla
 

 

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