TSUNAMI DU 26 DECEMBRE 2004

 

(Article paru dans la Revue Stargate)

 

 

 

Le 26 décembre, quand l'Europe s'est réveillée au petit matin, elle apprenait que dans la nuit, un tremblement de terre suivi d'un raz de marée avait dévasté les côtes d'un certain nombre de pays d'Asie. Mais on était encore loin d'imaginer l'ampleur de la catastrophe. Dans les heures et les jours qui suivirent, le mot "tsunami" n'était plus ignoré de personne et chacun d'entre nous, à travers le monde entier, s'est senti concerné par la mort de dizaine de milliers de personnes et par les millions de sans abri. Un élan de générosité extraordinaire s'est manifesté, sur toute la planète, pour venir en aide aux pays concernés.

 

Bien sûr, face à un tel phénomène relativement rare dans son intensité, les esprits sont frappés et cherchent à comprendre. Des scientifiques, éminemment qualifiés dans différentes disciplines, nous ont apporté des réponses qui ont bien expliqué ce qu'il s'était passé du point de vue des mécanismes physiques.  Mais ces réponses, aussi éclairantes soient-elles à ce niveau, ne nous disent pas "pourquoi" cette catastrophe a eu lieu. Elles ne nous disent pas quel en est le sens au-delà de l'aspect strictement concret et matériel.

 

Une science comme l'astrologie, particulièrement l'astrologie d'évolution, a précisément pour vocation d'éclairer la conscience sur les raisons cachées des phénomènes naturels aussi bien que des problématiques humaines. En l'occurrence, nous utilisons les informations données par une branche spécifique appelée "astrologie mondiale" qui s'intéresse à l'évolution des pays et des nations et à celle de l'Humanité dans son ensemble.

 

En général, l'astrologue consulte le thème du ciel "monté" pour le moment précis où a eu lieu le phénomène. L'épicentre du tremblement de terre, à l'origine du raz de marée et de toutes les conséquences dramatiques que nous connaissons, a eu lieu à 7h58 local (0h58 TU) à Sumatra, ce qui nous donne le ciel astrologique suivant :

 

 

 

Cependant, il faut bien voir qu'il ne s'agit là que d'une référence ponctuelle. Même si l'on peut en déduire un certain nombre de considérations aptes à nous éclairer quant au sens de l'évènement – ce que nous allons faire – il est nécessaire, pour bien en percevoir toute la portée, de considérer que ce thème s'inscrit dans une dynamique plus vaste qui s'étale dans le temps. De ce fait, malgré l'extraordinaire impact émotionnel qu'il a eu, il est important de le situer dans l'ensemble du processus.

 

 De l'Ere des Poissons à l'Ere du Verseau

 

Peu de personnes, intéressées par l'évolution de l'Humanité, ignorent le fait que nous sommes en train de changer d'ère cosmique. Sans entrer dans des explications qui dépassent le cadre de cet article, nous sommes effectivement dans une période de transition entre deux grandes ères de 2160 ans chacune. D'après le philosophe et astrologue Dane Rudhyar, l'entrée dans l'Ere du Verseau aura lieu en 2062. Nous sommes donc à la toute fin de l'Ere des Poissons, mais pas encore vraiment dans l'Ere du Verseau, même si les énergies de ce signe se font déjà sentir de manière de plus en plus forte. Quand on sait que la période de transition entre deux Eres s'étale sur 1/10ème du cycle, on peut en déduire que pour une ère de 2160 ans, cela fait 216 ans. Comme le passage à l'Ere du Verseau se fera, comme nous l'avons dit, en 2062, la transition a débuté en 1846, date de la découverte de Neptune.

 

Depuis 1846 - et sans doute avant encore avec la découverte d'Uranus en 1781 – les valeurs propres à l'Ere des Poissons se désagrègent progressivement tandis que les valeurs du Verseau investissent peu à peu l'inconscient collectif. Au cours de la deuxième partie du XXème siècle, de nombreux mouvements ont vu le jour, initiés par des pionniers, comme autant d'expérimentations encore fragiles pour incarner l'esprit du Verseau dans un monde encore majoritairement dominé par les valeurs périmées des Poissons.

 

Le Verseau, comme tout signe, a de nombreuses caractéristiques. L'une des plus éloquentes est le sentiment de fraternité, d'universalité, de participation à un ensemble collectif plus vaste que celui dans lequel nous sommes nés. Cette conscience se manifeste aussi bien à travers une nouvelle approche de la spiritualité, moins dogmatique et plus universelle, qu'à travers des avancées technologiques qui témoignent de cette universalité du Verseau, comme Internet par exemple. De ce point de vue, la construction d l'Europe par exemple ou le phénomène de la mondialisation – "mondialiste" pour les uns, "altermondialistes" pour les autres – n'apparaissent pas comme des utopies mais comme des nécessités liées à l'évolution de l'humanité, même si certaines formes générées par des humains avides de pouvoir et de puissance apparaissent contestables.

 

L'agonie des valeurs Poissons

 

Car l'Ere des Poissons n'est pas encore terminée et les valeurs les plus compulsives de ce signe dominent encore l'humanité, alors que les préceptes supérieurs, qui se sont manifestés à l'origine du cycle, il y a 2160 ans, notamment l'amour et la compassion, se sont quelque peu édulcorés. Face à une société qui n'a plus de points de repère sur le plan moral, une société dominée par l'argent et le pouvoir, d'où sont exclus de plus en plus de gens, la tentation du repli communautaire est grande. L'égoïsme, l'individualisme, qu'ils soient personnels ou collectifs, règnent et chacun essaie de survivre dans un monde finalement hyper matérialiste, dans lequel l'homme s'est coupé de son âme et a perdu le sens de l'échange et du partage.

 

Certes, il y a toujours eu des individus animés par le souci de l'Humanité et les respect des autres dans leurs différences, surtout si ces individus, consciemment ou inconsciemment, sont réceptifs aux valeurs du Verseau. Mais, dans leur immense majorité, les populations, surtout en Occident, sont enfermées dans leur individualisme et leur particularisme.

 

La fin d'un cycle

 

Face au chaos moral engendré par la décomposition inévitable liée à la fin du cycle, plusieurs réponses sont possibles, mais deux attitudes opposées apparaissent principalement, avec toutes les nuances possibles entre ces deux extrêmes. Pour retrouver un semblant d'ordre, des communautés, principalement religieuses, se replient sur elles-mêmes et sur les valeurs traditionnelles, pourtant riches et positives, de leur culture qu'elles érigent en dogmes : toutes les formes d'intégrisme, religieux ou scientifiques, vont dans ce sens. D'autres, plus ouvertes aux valeurs nouvelles, tentent des expériences novatrices, avec tous les risques de dérives que de telles expériences peuvent porter en elles.

 

Mais, au-delà, comme l'a bien montré le philosophe indien Sri Aurobindo, la conscience de l'Humanité évolue inévitablement vers une universalité de plus en plus grande sans nier pour autant les richesses et les différences de chaque groupe qui la compose. 

 

 

 Pour en revenir au tsunami…

 

C'est en ayant à l'esprit ce vaste mouvement du devenir de l'Humanité que l'on peut comprendre des phénomènes apparemment ponctuels comme le tsunami qui nous intéresse ici, mais aussi comme le 11 septembre par exemple.

 

Les thèmes de ces évènements viennent confirmer cette orientation tout en en précisant certains points particuliers. Ainsi, le thème du 26 décembre 2004, outre qu'il a eu lieu en plein milieu des fêtes de fin d'année, ce qui n'est pas anodin, nous montre-t-il la nécessité de cette prise de conscience de l'interdépendance des êtres et des choses sur toute la surface de la planète et la nécessité de trouver une réponse, non pas individuelle ou nationale, mais universelle. Le fait que 80 nations soient concernées par le drame (entre les différents pays touchés directement par le raz de marée et les touristes de multiples pays) va dans ce sens.

 

La présence de Neptune - dieu de la mer, mais aussi source d'ouverture du cœur, de compassion et d'amour universel en astrologie de l'évolution -  dans la Maison 1 du thème témoigne de ce sentiment. La Maison 1 dans un thème est un élément important de l'expression de l'individu ou d'un évènement.

 

Toujours dans le même esprit, nous trouvons pas moins de 4 planètes dans la Maison XI, liée à la fraternité et au sens humanitaire tout comme le Verseau, 11ème signe du zodiaque. L'astrologue appelle cette configuration "amas planétaire" et quand il la trouve dans un thème, il sait que la maison tout comme le signe sont "valorisés" et que les énergies qu'ils traduisent sont importantes dans la psyché de l'individu ou dans la nature du phénomène. Ici, le signe valorisé est le Sagittaire qui représente traditionnellement "l'étranger" mais aussi l'élévation de la conscience à travers la rencontre de cultures différentes dont le but est de s'enrichir mutuellement et non de s'opposer. Jupiter, maître du Sagittaire, se trouve dans la maison 9 qui est sa maison symbolique en analogie avec le Sagittaire, le 9ème signe, ce qui renforce cet impact.

 

Je ne voudrais pas entrer, ici, dans des considérations d'ordre trop techniques, mais les personnes intéressées par l'astrologie remarquerons l'opposition de Chiron à l'Ascendant à Saturne rétrograde au Descendant, l'axe Ascendant-Descendant étant "l'axe de la conscience". De même, elles seront aussi interpellées par la présence de l'axe des Nœuds sur l'axe Milieu du Ciel-Fond du Ciel, "axe du pouvoir". Enfin, il est à noter que nous sommes à quelques heures d'une Pleine Lune, ce qui, dans ce contexte, a une certaine importance, les Pleines Lunes étant souvent présentes dans des évènements de cet ordre.

 

Comme nous pouvons le ressentir au-delà de la technique astrologique, ce thème met l'accent sur la nécessité d'une prise de conscience universelle : nous sommes interdépendants et liés les uns aux autres comme le sont les cellules du corps. Passer d'une conscience de masse aveugle et égoïste à une conscience de groupe solidaire est le fruit d'une croissance qui ne peut éviter les douloureuses remises en cause.

 

De la même manière que chacun d'entre nous passe par des phases de vie douloureuses, des phases de cassures et de ruptures, de pertes et de deuils, pour pouvoir devenir un individu conscient et ouvert sur le monde, apte à participer à une vie collective plus signifiante, les peuples et les nations passent par des moments tout aussi difficiles pour pouvoir apprendre à respecter l'âme universelle de l'Humanité. Sans faire fi de la souffrance de milliers de personnes à laquelle nous participons, nous savons qu'il est parfois nécessaire de passer par des évènements spectaculaires pour aller de l'avant.

 

 

Samuel DJIAN-GUTENBERG

 

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